Les Fantômes de Can Manyer

 une esthétique de la disparition par Marie-Noëlle Leroy, sténopiste



A Can Manyer sont entreposées les machines qui servaient encore il y a quelques années dans l’industrie textile qui faisait la renommée de la ville de Vilassar de Dalt (Espagne).
Pieusement conservées, elles sont recouvertes de films plastiques pour les protéger…
Si ces voiles plastiques translucides protègent ces machines à l’arrêt de la poussière, leur manque de transparence partielle bloque le regard. Ainsi petit à petit la vision de la machine que l’on devine derrière le voile s’estompe…
Les formes deviennent floues…Tellement floues qu’elles en deviennent méconnaissables…
Le fantôme de la machine se mêle au voile qui la recouvre…Inexorablement, le voile se fait linceul…
Et la machine disparaît derrière le voile…In fine, seul le voile est visible…
Cette exposition présente trois séries réalisées en mai 2016 lors de la Résidence organisée par le festival de photographie analogique Revela.T à Vilassar de Dalt (Espagne).
Les prises de vues ont été effectuées dans une ancienne usine textile nommée Can Manyer qui servait alors de lieu de stockage de tout ce qui avait pu être sauvé du désastre industriel, les machines constituant bien sûr le trésor d’une gloire passée.
Toutes les prise de vues ont été réalisées à l’aide d’appareils « faits maison » munis d’un sténopé.




- Les triptyques de la fabrique
Prises de vues au sténopé sur pellicule instantanée polaroïd® 664 pour le noir et blanc et Fuji FP100C pour la couleur. Impression pigmentaire sur papier Hahnemülhe. Présentation en caisses américaines.
- Deux ou trois choses que je sais d’Elles
Prises de vues au sténopé sur plan-film FP4+. Tirages à la gomme bichromatée.
- Les fantômes de Can Manyer, une esthétique de la disparition
Prise de vues au sténopé sur pellicule FP4+ et polaroïd 664.
Scannés, les négatifs ont été agrandis et tirés par contact sur du voile de coton enduit d’une émulsion de Siderargent (formule mise au point par François Leterrier).
La série comprend 12 tirages au format d’environ 21cm de diamètre sur un support mesurant 50 x 70 cm.


Marie-Noëlle Leroy commence la photographie de manière autodidacte, puis reprend des études à l’Université Paris VIII et se spécialise en Histoire de la photographie. S’initie parallèlement aux pratiques alternatives qui deviennent rapidement une passion.
Son activité professionnelle se partage entre les commandes institutionnelles en Illustration, Nature morte, Architecture, Paysage, et l’enseignement de la prise de vue et du tirage Noir et Blanc, l’esthétique et la sémiologie de l’image pour des classes de CAP, Bac Pro et BTS photo.
Sténopiste très assidue depuis près d’une vingtaine d’années, Marie-Noëlle Leroy organise et assure le Commissariat des seules expositions internationales de photographie au sténopé existant en France.
Organise régulièrement des ateliers de formation et des animations autour du sténopé et des pratiques alternatives.
A participé à une trentaine d’expositions solo et collectives en France et à l’étranger, publié de nombreux articles et collaboré à de multiples publications.