Projection du film : « Angie, une femme sur le fil(m) » de Fabienne Le Houérou
+ « Épreuves de tournage » sera projeté en 
octobre 2018

Fabienne Le Houérou est auteur et réalisateur de ce projet, avec la participation d’Aurélie Scortica, le film est produit par le Labex-Med en partenariat avec l’IREMAM. Elle est Directrice de Recherche au CNRS, Historienne et Anthropologue, elle réalise des films ethnographiques depuis plus de 20 ans surles migrations forcées et volontaires 

Lien sur le Teaser du projet:https://docs.google.com/file/d/0BzMDmBLc5DAaNkhjNGI1dHlLaUE/edit

Synopsis:
Femmes sur le fil(m)  est un projet cinématographique complexe qui narre l’histoire d’Angu, ou Angie, une réfugiée tibétaine en Inde qui vit sur le fil du rasoir.  Angu habite la colonie tibétaine de New-Delhi avec son bébé Peggy. Aux marges économiques et sociales de la diaspora tibétaine en Inde, à la lisière du quartier, le long d’une rivière. La Yamuna. Angu vit maritalement avec un Kenyan, père de son enfant. Osmond le compagnon d’Angu a été incarcéré à la prison centrale de New Delhi pour lui avoir « fracassé » le crâne avec un gourdin en 2012.  Restée seule avec son bébé,  la communauté tibétaine  a veillé sur Peggy. Toutefois dans une crise d’épilepsie aigüe,  Angu a blessé son enfant en le laissant choir par terre. Les femmes tibétaines ont pris l’initiative d’enlever la petite Peggy à sa mère pour la mettre dans un orphelinat dans les contreforts de l’Himalaya (à Dharamsala). Sur ces entrefaites  Osmond est sorti de prison en septembre 2013. Lors de repérages en Inde en octobre 2013 nous avons été à la recherche de la petite Peggy dans l’Himalaya à la demande d’Angu et d’Osmond. Ce périple- haut en couleur- à la recherche de l’enfant frôlera le kidnapping. Devant la réalité de leur pauvreté économique et de leur impuissance Angu et Osmond renoncent à leur parentalité et retournent à leur vie à New Delhi où le reste de la communauté les perçoit comme des parias. Le  projet évoque une montée d’espoir dans une marche vers l’Himalaya et la retombée dans l’ordinaire de la survie à New Delhi d’un couple écrasé par une condition d’exil et de double marginalité (double bind). Le projet scrute différentes marges et explore le métissage et les allants de soi sur les rôles masculins et féminins au sein de la diaspora tibétaine. Il questionne  plus particulièrement la dimension maternelle dans le rapport  singulier d’Angu avec la petite Peggy. Le projet   évoque d’abandon parental et la  maltraitance. Il  sera l’occasion d’un questionnement  sur les subjectivités cinématographiques féminines et sur le  statut des films « scientifiques » dans  les sciences dites « humaines » au cours d’enquêtes où l’émotion fait irruption de façon heuristique. Fabienne Le Houérou